Béla Bernand (de son nom complet Bernand-Mantel) est un photographe français d'origine hongroise né le 7 septembre 1911 à Budapest. Figure marquante de la photographie humaniste et du milieu artistique parisien, il s'est principalement rendu célèbre pour ses clichés capturant le monde du spectacle.
Après avoir quitté la Hongrie pour étudier en Grande-Bretagne, à Londres, il arrive en France au début des années 1930. Pour subvenir à ses besoins, il pose notamment comme modèle à l'Académie de la Grande Chaumière à Montparnasse.
Équipé de son appareil Rolleiflex, il crée le Studio Bernand et devient un photographe de scène indépendant et majeur des théâtres, des festivals et des music-halls, des cirques, opéra, danse, musique, spectacle vivant et de la vie parisienne. Son style se caractérise par une maîtrise de la lumière mettant en valeur les expressions de visages des artistes.
Un témoin de l'histoire : Il a couvert de grands événements culturels, immortalisant par exemple en photographies les coulisses du Musée du Louvre lors du retour de la Vénus de Milo en 1945.
L'Agence Bernand : En 1962, pour faire face à des difficultés de santé, il formalise ses activités en fondant l'Agence de presse Bernand. Cette agence spécialisée a documenté l'actualité culturelle et du spectacle de façon intensive jusqu'à sa fermeture en 1974.
Aujourd'hui, je partage, je mets en valeur et documente publiquement l'œuvre et la mémoire de mon père Béla Bernand, notamment à travers des archives familiales et mes récits.
Ma mémoire, des chroniques intimes.
Écrire dans l'urgence comme un exutoire pour coucher " mes mots en vrac" et préserver mes souvenirs.
Les photographies faites par mon père font régulièrement partie des collections célébrant la contribution historique des grands photographes hongrois installés en France, aux côtés d'artistes majeurs comme Brassaï ou Robert Capa.
Les archives photographiques de Béla Bernand (1911-1967) constituent un ensemble documentaire exceptionnel, majoritairement axé sur le monde des arts et du spectacle de la mi-siècle.
Conservation et accessibilité des collections
Les archives de l'ancienne Agence de presse Bernand sont aujourd'hui dispersées et préservées dans plusieurs grandes institutions culturelles françaises :
La Bibliothèque nationale de France (BnF) : Le département des Arts du spectacle de la BnF Data conserve plus de 700 ressources iconographiques, manuscrits et documents de l'agence.
Les Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris : Les collections patrimoniales parisiennes abritent de nombreux fonds spécifiques (comme le Fonds Jean Mercure ou le Fonds du Théâtre de Poche-Montparnasse) contenant des centaines de négatifs et de photographies de scène de l'Agence Bernand.
Ce que contient le fonds Bernand
L'agence s'était fait une spécialité exclusive de la captation culturelle à Paris, immortalisant :
Le théâtre d'après-guerre : Des répétitions aux premières représentations, le fonds illustre des mises en scène historiques (les pièces d'Albert Camus, de Jean Cocteau ou d'Henry de Montherlant.
Les festivals et le music-hall : Les spectacles parisiens des années 1940 à 1960 y sont documentés avec une gestion unique de la lumière contrastée, propre au style de Béla Bernand.
Les grands événements parisiens (1944-1945) : Notamment les reportages sur la Libération et les coulisses des musées nationaux, comme le retour historique des chefs-d'œuvre au Louvre.
Le fonds photographique Béla Bernand (1911-1967) est une référence incontournable pour l'histoire des arts du spectacle et de la vie parisienne du milieu du XXe siècle.
Un style visuel signature
Béla Bernand s'est forgé une solide réputation grâce à sa maîtrise technique unique. Ses images sont immédiatement identifiables par leur équilibre rigoureux et la gestion d'une lumière très contrastée, mettant intensément en relief les expressions des visages, parfois à la manière d'une gravure sur bois.
Les grands axes des archives
Son travail se découpe principalement en trois grands ensembles :
Le théâtre et le music-hall : Il a capturé les répétitions et les grandes premières de l'après-guerre. On y retrouve des clichés d'écrivains et dramaturges majeurs comme André Gide (notamment lors de la création des Caves du Vatican à la Comédie-Française en 1950) ou de jeunes actrices alors à leurs débuts, à l'image de Brigitte Bardot au Théâtre de l'Atelier en 1953.
Les coulisses culturelles et grands événements : Outre son reportage sur le retour des œuvres d'art au Musée du Louvre en 1945, il a documenté la vie quotidienne et des instants historiques, comme ses clichés de la neige à Paris en 1944.
Les célébrités : Ses archives contiennent de précieux portraits d'icônes de l'époque, comme Joséphine Baker photographiée dans son intimité.
Où consulter ces archives aujourd'hui ?
Si une partie de la mémoire intime et des numérisations du photographe est activement partagée en ligne par sa fille sur le blog familial Photographe Béla Bernand : une vie à écrire, les négatifs et tirages originaux sont répartis dans les grandes institutions publiques :
La Bibliothèque nationale de France (BnF) : Le département des Arts du spectacle gère le très riche catalogue historique de l'ancienne Agence de presse Bernand.
Les Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris : Elles conservent des milliers de photographies de scène réparties dans différents fonds théâtraux (comme le fonds Jean Mercure ou le fonds du Théâtre de la Ville), consultables via le catalogue des Bibliothèques spécialisées de Paris.
Les fondations privées : Des institutions comme la Fondation Catherine Gide possèdent également de précieux tirages originaux documentant les cercles littéraires et artistiques de l'époque
Juste avant le début du conflit, en octobre 1939, les plus grands chefs-d'œuvre du Louvre dont la Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace et la Joconde ont quitté Paris pour être protégés des bombardements.
Le contexte du retour (1945)
Évacuée dès 1939 pour échapper aux spoliations et destructions nazies, la Vénus de Milo avait passé la guerre à l'abri au Château de Valençay. Elle a finalement regagné Paris à la fin de l'été 1945. Pendant l'occupation, les officiels nazis qui visitaient le musée n'admiraient en réalité qu'une copie en plâtre.
Les photos de Béla Bernand
Grand photographe de presse, Béla Bernand était présent lors des opérations de déballage et de remise en place des chefs-d'œuvre au Louvre. Ses archives familiales et les témoignages historiques mettent en lumière ces clichés précieux.
Thématiques des clichés : Ses prises de vues documentent les coulisses du musée en reconstruction, la sortie des caisses de protection et le retour à la vie culturelle parisienne.
Autre reportage majeur au Louvre (1945) : C'est également durant cette même période (mars 1945) que Béla Bernand a intégralement couvert les coulisses de la célèbre exposition de haute couture miniature, le Théâtre de la Mode, qui s'est tenue au Louvre pour marquer la renaissance de la création française juste après la Libération.
Arrivée et déballage : Le 31 août 1945, la statue est revenue à Paris et a été sortie de sa caisse en bois dans la Galerie de la Melpomène au Louvre.
Le photographe Béla Bernand mon père a également pris des clichés historiques de ce retour au musée du Louvre en 1945.
Retour de la Vénus de Milo au Louvre après la Seconde Guerre mondiale 1945
Revue Life - 30 juillet 1945. Photo Roger Viollet D.R
Suite à ce petit AVC nommé AIT d'octobre 2024 je me décide de continuer à écrire.
Car début février, un dimanche, je me retrouve avec l’œil droit qui ne voit pas.
Je ne dis rien à ma fille E. qui habite près de chez moi pour ne pas la déranger.
Mais je réfléchis que cela sera pire de la prévenir le lendemain lundi alors qu'elle sera au travail.
Donc encore une fois, deuxième de ma vie, pompiers et conduite à l’hôpital.
Je poireaute 17 H ! Disant que je veux voir un ophtalmo !
Que je rencontre le lendemain fin de matinée. Ce n'est rien, un truc de vieille, le vitré qui fait des siennes.
Et le 24 février au soir, je comprends que je fais un autre AIT, côté gauche, bras et jambe morts. Je ne dis rien, je connais le truc qui dure entre une heure et une heure et demi.
Je m'endors avec.
Je ne vais pas vous faire la liste de ma décrépitude et de mes douleurs.
Je n'ose plus trop sortir :
"Je suis tombée par terre
c'est la faute aux artères
le nez sur le lino
c'est la faute aux mégots...
Les Misérables sur un air de Gavroche, merci Hugo.
Je ricane toute seule.
Je n'ai pas pris soin de ma santé physique et psychique depuis tant d'années.
Mon père disait : "Il est plus facile de prendre des mauvaises habitudes que des bonnes"
Deux petits accidents cérébraux. C'est quand tu comprends que tu vas mourir bientôt que tu réalises que tu n'as rien fait de ta vie.
STOP sur ma santé !
D'ailleurs j'ai pris un sacré coup de vieux après ces évènements ! Devenue vieille !
Je note sur un petit carnet ce qui me passe par la tête.
Je vais relater ici des idées, mots ou moments de vie qui me viennent à l'esprit car c'est trop compliqué sur ce blog de retrouver les dates, lieux et circonstances pour les replacer dans le contexte des époques. D’où le vrac !
J'ai fait il y a longtemps un rêve prémonitoire. C'était quelques jours avant la déclaration du cancer de l’œil de Jean-Pierre en 1983. J'ai rêvé d'un paysage automnal de marais, vert, gris, marron, ajoncs, eau verdâtre, vase, oiseaux : foulques, canards colverts, un héron cendré, et une poule d'eau qui agitant son cou d'avant en arrière vient gober son œil droit.
Et puis j'ai trouvé deux fois des croix de chapelet et de grands désagrément ont suivi.
Ma fille S. n'y croit pas et dit que tout est coïncidences...
Quand je travaillais le cuir à Montparnasse au printemps 1971 suite à mon séjour d'une année à St Tropez je fabriquais, entre autres, de très beaux bracelets de force qui étaient à la mode à l'époque et de larges ceinturons avec tête de lion et des yeux qui s'allumaient que je vendais par terre sur mon tapis de velours noir entre le Dôme et la Coupole.
Mon père portait des chaussures Weston noires faites sur mesure avec embauchoirs en bois couleur miel. J'ai toujours aimé cirer les chaussures mais plus personne ne porte du cuir. Au Sacré-Coeur j’avais ma petite boite en bois avec tout le matériel pour cirer mes chaussures.
Le jeudi après-midi j'allais au patronage de l'église Notre-Dame des Victoire en haut du faubourg Montmartre, au bout de la rue Saint Marc, et j'achetais des bonbons à la si belle boutique "A la mère de famille" qui existe toujours avec ses grands bocaux en verre remplis de douceurs.
Mon père et ma mère racontaient que mon père était parti durant la guerre de la rue de Richelieu en vélo jusqu'en Normandie pour chercher une oie, qu'ils ont nourri et jamais mangé... Donnée à la concierge.
Ma mère durant la guerre se lavait les dents, qu'elle avait fort belles, avec de la cendre et marquait la couture arrière de ses bas au crayon noir pour les yeux
Avant de passer à table nous devions monter nos mains et ongles bien lavés dessus et dessous. et habillés correctement et ne pas "faire l'avion avec ses coudes" ou la machine à laver avec la bouche en mangeant.
Vers 17 ans sur les Grands boulevards j'ai acheté un pantalon bleu marine à pont.
Mon père pourtant toujours si calme a pris des ciseaux et l'a coupé. Je suis partie m'enfermer dans la salle de bain.
Car à l'époque la presse parlait des blousons noirs qui fréquentaient les boulevards avec ce genre de tenues et chaines de vélos pour la bagarre.
Dans les années 1970 après Bruxelles et Saint Tropez, de retour à Paris je fréquentais un cercle d'artistes tenu par des dames de la bourgeoisie et de l'aristocratie dans les jardins du Palais Royal. Cercle qui offrait à diner.
Il me faut un stylo qui éclaire pour écrire la nuit dans mon petit carnet, mais pas un à bille car la tête en bas l'encre...
J'ai aussi dans les années 72 et 73 fait des sondages pour BVA : distribution de lessive, de dentifrice, questionnaires divers...
Des dépôts d’affiches dans des boutiques pour des concerts.
Je regrette le temps enfui de ma libre jeunesse où je fumais la cigarette qui fait planer et rire et ses envies de douceurs !
Robert Monange, très britannique, journaliste qui dirige la page spectacles, cinéma et théâtre du journal l'Aurore et grand ami de mon père. Ils ont le Maroc en commun. Je pense aussi au critique Paul-Louis Mignon et Jacqueline Cartier parmi les personnes qui fréquentaient l'Agence.
Je croise dans les années 1963 Alain Ayache dans ses bureaux rue de la Grange batelière. Créateur de son Agence de presse, je fais pour lui des interviews de vedettes du Tour de France. Il sera plus tard le créateur du journal Le Meilleur.
106 rue de Richelieu le sapin de Noël dans le salon décapité car trop haut !
Les Savoyards de Drouot disparus après le scandale.
Alain Vian, j'en ai déjà parlé... Luthier rue Grégoire de Tours. Nous allions avec mon père dans sa petite boutique envahie d'instruments de musique, phonographe à cylindres, automates à musique mécanique, pianola..
Décembre 1958, j'ai 12 ans, j'assiste un après-midi à la répétition de Maria Callas à l'Opéra Garnier.
Soirée de gala en faveur des œuvres de la légion d'honneur. Toutes les personnalités politiques et artistiques sont là.
Un autre jour en 1964, je suis avec mon père à la répétition de la Norma de Bellini, toujours Palais Garnier sous la baguette de Georges Prêtre qui dirige l’orchestre et les chœurs de l’Opéra de Paris.
Chiribi, Chiriba ! Disparus comme disait mon père durant ses tours de magie quand nous étions enfants.
Restaurants La Palette rue de Seine, les mille Colonnes rue de la Gaité combien de diners.
Quelques années alors adolescente, le dimanche matin sur la Marne avec l'ASPP association sportive de la Préfecture de Police l'aviron et l'hiver entrainement dans une salle sur des tanks vers Vincennes.
SVP :
comme les animaux domestiques
euthanasie Hi ! Hi ! Hi !
incinération au poids Ha ! Ha ! Ha !
Pas à l’équarrissage !
J'avais petite un aquarium terrarium où je prenais plaisir a orner un jardin japonnais.
Sable blanc, arbustes, pont rouge, pagode.
Mes filles ont fait de même. S'en souviennent 'elles ?
Les prénoms que j'aimais adolescent : India, Mercy, Lilith...
Tant de choses a faire, de gens, des lieux a revoir mais trop tard, je meurs d'ennui depuis de trop nombreuses années. Santé qui décline, dépression, isolement, tristesse , mélancolie du temps passé et du temps qui passe.
J'ai toujours aimé être utile, communiquer, et personne n'a besoin de moi. J'étais une fille qui aimait rire, j'étais marrante dans ma vie d'avant.
Je suis punie par là ou j'ai péché, l'amour des garçons et marcher dans le monde. je ne peux plus marcher et pas d'homme a aimer.
J'ai toujours su que mon cœur et mon cerveau ne battaient pas en mesure.
Mes jours et mes nuits sont rythmés par les médocs et l’attente d'un engourdissement latéral.
L'inactivité me tue, je meurs d'ennui. Je suis vieille et laide.
Depuis petite j'ai toujours dit :"je n aime pas les vieux".
George Harrison The Concert for Bangladesh 1er août 1971 au Madison Square Garden de New York.
Domenico Modugno, Gianni Morandi, Gino Paoli, The Rokes, Serge Reggiani, Leonard Cohen,
Le documentaire de 2006 : Following Sean de Ralph Arlyck.
Fernando Pessoa, John Fante, J.D Salinger, Henry David Thoreau, Sam Shepard : "la vie c'est ce qui vous arrive pendant que vous rêviez de faire autre chose".
Brigitte Bardot au théâtre de l'Atelier dans l'Invitation au château de Jean Anouilh en 1953.
Photos prises par mon père le photographe Béla Bernand. Tant de photos de théâtres, comédiens, cabarets et music-hall sans copyright en vente sur des sites de vente et aux enchères dans des salles prestigieuses que je ne peux pas lutter sur les droits d'auteur et patrimoniaux !